Tribunes

MOUVEMENT LGBT : MALADRESSES ET DISCRÉDIT ?

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« HOMO OU VIRIL, FAIS TON CHOIX »

Initialement, je prévoyais de faire un article basé sur une question : « Y a-t-il une volonté d’enfermer la communauté LGBT dans des clichés afin de faire vendre ? »

Ce modeste article portera sur les interrogations concernant la communauté homosexuelle, appréhendée globalement. Il s’agit là d’un constat invitant au débat, nullement d’un discours moralisateur d’hétérosexuel paternaliste qui veut « aider ces gentils petits homos bien mignons bien cons ». La cause homosexuelle est, à mon goût, affublée de trop de maladresses, de provocations inutiles et de militants incompétents dont nous allons parler dès à présent.

La question prévue au départ mérite de constituer le premier point de mon article. Abordons le premier stéréotype concernant les homosexuels : celui de leur supposée « féminité ». Dès lors, une question se pose (et s’il vous plaît, avant de crier à l’homophobie prenez cette interrogation pour ce qu’elle est et non pour un déversement de haine homophobe) : POURQUOI, quand un homme aime un homme, son comportement se rapprocherait-il de celui d’une femme ? Question sans doute stupide mais à laquelle je souhaite obtenir une réponse.

Le second stéréotype concerne l’habillement, les goûts vestimentaires raffinés ou bien un brin « dévergondés » que l’on connaît. Là encore, mon esprit s’interroge : y-a-t-il un consumérisme qui vise la communauté gay ? L’autre jour, un ami, hétéro en l’occurrence, habillé en petit jean slim, t-shirt avec col en V et assez fin, s’est senti obligé de crier haut et fort dans le fumoir d’une boîte de nuit : « JE NE SUIS PAS GAY! ». C’est idiot, je vous l’accorde, mais révélateur en un sens d’un fait dont je m’inquiète aujourd’hui : pour être gay, il faut s’habiller « gay ». Regarder des séries un peu orientées « gente féminine » ; écouter Mylène Farmer, bref un véritable marchandising homo. Y a-t-il un sous-entendu qui affirmerait que la communauté gay ne connait pas les difficultés pécuniaires et que dès lors, elle se doit de consommer à outrance. Il y a du fric en jeu, certainement. La devise des commerçants, qui se frottent les mains, est peut-être devenue « Vous êtes gay ? Prouvez-le à chaque seconde et devenez des filles, et si possible à outrance ».

LESBIAN & GAY PRIDE : MARCHE DES FIERTÉS OU COUR DES MIRACLES ?

Dans un autre style, la gay pride est, elle aussi, révélatrice. Si dans la vie de tous les jours tout est fait pour que les homosexuels soient identifiés visuellement, le jour de la gay pride tout est étudié pour que l’on visite sans s’y rendre le cirque Pinder et les clubs libertins les plus « hot ». Si gay pride = marche des fiertés LGBT, le mot « fierté » est à mettre entre guillemets car ce sont les costumiers qui seront les plus gagnants. En effet les « manifestants » (désolé pour les guillemets mais je ne peux pas associer des clowns vêtus d’un slip en cuir qui dansent en balançant de la mousse du haut d’un char au statut de manifestant) perdent trop de crédibilité pour s’assurer l’égalité des droits mais font la joie du commerçant vouant un culte au cliché dans un but lucratif, mais aussi de certains homophobes qui se diront « tiens, ça consiste en ça être gay ? Et y’en a parmi eux qui veulent être PARENTS ? »

Cet article était prévu pour traiter uniquement de ce point-là mais récemment j’ai pu observer un autre élément qui témoigne de la crise traversée inconsciemment par cette communauté, une maladresse grave dont je voudrais faire part.

FALSIFIER POUR EXISTER ?

Je suis allé, il y a quelques semaines, voir le film La marche, à la fin duquel nous voyons, au beau milieu de la foule qui accueille les marcheurs, un drapeau arc-en-ciel, symbole de la cause LGBT.

Cet anachronisme fut particulièrement maladroit car outre la falsification historique (la question LGBT n’étant pas associée à la cause de la marche et surtout des marcheurs), le sous-entendu politique était assez gros pour ne pas dire guignolesque.

Un clin d’œil parmi d’autres signifiant qu’ils existent et qu’eux aussi subissent discriminations et violences ; cela a été interprété par de nombreuses personnes, moi compris, comme une falsification de l’évènement historique qu’est la Marche de 1983.

Nul doute que ma plume fera réagir. Un prochain article paraîtra en réponse à vos questionnements. Un article ou un couplet….

Par GripalLe Verbe Populaire

Images et texte tout droit réservées à l’Association Le Verbe Populaire 

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2 réflexions sur “MOUVEMENT LGBT : MALADRESSES ET DISCRÉDIT ?

  1. Bonjour,
    Je suis particulièrement mal à l’aise en lisant cet article.
    Gay qui s’assume, militant lgbt et politique, je révulse le terme « communauté lgbt ». Il existe chez les lgbti autant de situations, d’histoires; de personnalités différentes que chez les heteros.
    Si dans les années 1960 à 1990, ce terme rassembalait des personnes victimes du sida et de lois répréhendant une sexualité différente, aujourd’hui il ne recouvre plus grand chose. Cette periode était également celle d’une contre culture dont nous sommes fiers et nous revendiquons mais qui est aujourd’hui très marginale.
    Malheureusement les clichés ont la vie dure et cet article ne fait que les renforcer. Avant d’etre commerciales, les marches des fiertés sont des rassemblements avec des messages et « des engagements politiques ». Elles sont aussi festives à l’image de certaines techno parade; le public étant souvent le même.
    Dans les marches, comme dans la vie, il y a toute sorte de gens. Certains sont efféminés, d’autres non, certains sont en couple, d’autres cherchent l’amour, certains ont des enfants, d’autres n’en veulent surtout pas… Ils sont heteros ou homos.

  2. Tout d’abord, dans cet article, on a l’impression que chacun des arguments évoque exclusivement les hommes homosexuels et non les femmes : c’est le comportement du « patriarque » qui est mis en cause, « pourquoi celui-ci ne se comporterait pas comme un homme fort, viril qui travaille pour nourrir sa femme et ses enfants » ? C’est en effet assez symbolique des clichés présents dans notre société.

    C’est également ce cliché que nous retrouvons dans le premier point : on a tendance à rapprocher tout comportement qui sort du rôle de l’Homme (dans une vision sexiste tradi) de celui de la femme qui est perçu de manière sexiste (faiblesse,…). Ce n’est pas aux hommes homosexuels qu’on devrait reprocher une « féminité » (ce qui reste un mythe, puisque la « féminité » n’a de fondements que dans une vision sexiste mettant chaque sexe dans une case comme on le fait quand on parle de « garçons manqués » par exemple), c’est plutôt les clichés qui assimilent tout comportement non-patriarcal à un comportement « féminin », ou un comportement « faible » selon la pensée dominante hétéro-patriarcale justement.

    Sur ton deuxième point : l’assimilation de certains vêtements ou d’un style à la communauté LGBT et la stigmatisation de ceux qui porteraient les mêmes habits n’est également que le reflet d’une société où un style est permis. Le champ des homosexuels n’est pas particulier : aujourd’hui, n’y a-t-il pas une tendance des jeunes à porter les mêmes habits, les mêmes marques, à rentrer dans des styles particuliers ? C’est la société de consommation et le rejet de la différence et de l’autre qui amène tout le monde à faire à peu près les mêmes choses par peur de choquer et cela dans chaque milieu.

    Au même titre que le combat pour « l’égalité des droits » mené par les marcheurs, celui qui a été mené par une large partie de la société aux côtés pour les droits des LGBT a subi des récupérations aussi bien politiques qu’économiques. En effet, l’an dernier, le PS a préféré mettre en avant cette question sur laquelle il a remplit ses engagements pour mettre en retrait tout son programme antisocial : ce n’est pas à ceux qui revendiquent des droits qu’on doit reprocher la mise en avant mais plutôt aux dirigeants politiques qui ont souhaité récupérer ce combat.

    Hétéro tout en militant pour l’égalité des droits dans tous les domaines, je pense qu’à travers cet article, le rejet du conformisme n’est pas propre à une communauté, cela pourrait être une critique plus globale sur la manière dont la société nous modèle selon certaines normes et certains codes. Là dedans, chaque « communauté » est empreinte de ces « normes ».

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